MANIFESTE DE LA FORCE CITOYENNE ET HANDICAPEE

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Alors que le débat public est monopolisé par une élite socio-économique désignée par des partis éloignés des réalités de la vie, d'incontournables questions, situées au-dessus des querelles politiciennes, traversent notre société.

Au fil des jours, nous sommes de plus en plus nombreux à avoir le sentiment que l'Occident est menacé d'une glaciation du coeur face au règne de la technique et de la bureaucratisation. Trop sûre d'elle-même, notre civilisation tend à faire de nous des pions, des chiffres, des numéros. La loi du plus fort et la jungle économique sont en train de nous façonner une société hideuse.
L'être handicapé ou différent sera t-il condamné à vivre misérablement et à vivre stigmatisé ? Le handicap, véritable baromètre d'humanisation, nous indique que la solidarité recule. Le PIB consacré aux personnes handicapées dégringole de décennie en décennie. Personne ne semble réagir.
La question de la place de l'homme et de sa vulnérabilité ne doit plus être évacuée au nom du culte de la performance.

Si le citoyen différent n'a plus la parole, c'est que la technique a pris une place excessive dans nos rapports avec les autres : les péages, les stations-service, les distributeurs, les répondeurs téléphoniques révèlent l'omniprésence des robots.
Le progrès technique est nécessaire mais il doit être maîtrisé et mis à sa juste place. Tragique réalité, il est devenu plus rentable de réparer un ordinateur que de soigner un être humain. Signe de cette déshumanisation, les métiers de l'aide humaine sont devenus les moins bien payés.
De même, dès qu'on nous demande de faire des économies, ce sont les dépenses de santé qui trinquent et les victimes sont les plus fragiles. L'élan du coeur est, de plus, freiné. Au nom de la responsabilité et de la judiciarisation des relations, beaucoup se déresponsabilisent.

Refusant ce déclin moral qui laisse jeunes, personnes handicapées, personnes âgées au bord de la route, nous appelons les Français à offrir une alternative citoyenne et créative, à dessiner une société fondée sur le respect de la personne et le dialogue. Refusant de vivre sous le règne de la démesure (stocks options, fonds de pension, délocalisations...) et de l'égoïsme inhumain, les Français doivent reprendre en main leur destin et refuser cette perte de valeurs solidaires, soutenir une économie éthique, consommer et se développer autrement.
Il est urgent de retrouver la générosité, l'altruisme qui doit animer toute société dite "avancée". Toutes les générations sont concernées.
Les jeunes ne sont pas corvéables à merci. Nos anciens ont autre chose à apporter qu'un portefeuille dans une maison de retraite.
L'aide à l'enfance, aux jeunes et la lutte contre les différentes maltraitances (familiales, économique, sociales) sont des priorités nationales.

Dénoncer les erreurs de gouvernance du pays ne suffit pas. Se tourner vers l'avenir exige plus que jamais une confrontation des projets de société. Il est ainsi devenu urgent d'organiser la compétitivité entre les peuples et d'abandonner le chemin solitaire des nations. La fin du pétrole, les futurs Tchernobyl, la transition énergétique impliquent une modification drastique des modes de vie.

Certes, les Français veulent des arbitrages clairs, une restauration des finances publiques et une relance de la croissance, mais il nous faut redonner à nos concitoyens l'envie du "vivre ensemble", retrouver l'essence des valeurs fondatrices de la République, réconcilier la France avec elle-même, refonder un système d'aide social généreux et ambitieux, renouveler le personnel politique.

Nous voulons faire nôtre la représentation des millions d'exclus actuels que sont les personnes handicapées et leur famille, à qui l'on dénie jusqu'à leur statut de citoyens à part entière.

L'élection présidentielle est l'occasion pour beaucoup de candidats de se rappeler, par simple clientélisme, que le handicap existe. La prise en considération ne sera effective qu'avec une véritable révolution culturelle, indispensable à la survie de notre démocratie.

Comment se reconnaître dans un Etat qui " exile " des milliers de ses concitoyens dans des instituts spécialisés en Belgique, préférant payer à l'étranger pour des établissements dont il refuse de se doter ?
Comment accepter que des milliers d'enfants ne soient pas scolarisés, parce que handicapés ? Il est grave que les Droits de l'Homme soient ainsi bafoués dans le pays qui les a créés. L'éducation est institutionnellement obligatoire, mais les plus démunis en sont exclus.
Il faut obliger à la reconsidération de notre environnement, notre cadre de vie. Que celui-ci soit conçu pour TOUS et accessible à TOUS.

Seule une politique ergonomique volontaire de la cité peut permettre une valorisation des liens intergénérationnels.

Après l'accès à l'éducation et à la santé, l'accès à l'emploi doit être garanti dans un marché du travail de plus en plus souple: nous devons "déscléroser" la société qui n'a offert, jusque maintenant, que des solutions inachevées.

En abordant la question du handicap, il n'est pas question de faire de "communautarisme", mais nous n'avons pas le droit de laisser des millions de personnes très dépendantes sans accompagnements, sans aucun respect de leur intégrité, dans la plus grande précarité.

Le XXIème siècle sera-t-il celui des égoïsmes ?

Nous sommes porteurs de la parole de nombreuses personnes qui vivent en esclavage, discriminées ou maltraitées dans notre pays. Il s'agit de crier notre droit fondamental de vivre dans ce pays avec les mêmes droits que les autres!

Pour retrouver l'espoir, nous devons retrouver le goût de la participation et de la fraternité.

 

Nous, membres du Collectif des Démocrates Handicapés, adhérents d'associations humanistes et libres citoyens, unis dans une FORCE CITOYENNE ET HANDICAPEE, avons la prétention d'alerter les électeurs sur l'urgence d'humaniser la France du XXIe siècle".

 


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