La sexualité
Constat :
Un trop grand nombre de personnes lourdement handicapées physiquement ou handicapées mentales sont privées de sexualité et cela peut provoquer pour certaines d’entre elles des souffrances. Il faut aider ceux qui voudraient mais ne peuvent pas avoir une vie sexuelle, leur donner les moyens de le faire (en améliorant aussi leur revenu).
Quand on a le choix, cela peut paraître choquant mais certaines personnes souffrent de cette situation (d'ailleurs des valides sont aussi concernés mais ils peuvent choisir ou trouver des solutions).
Ce sujet a fait débat au sein du Collectif des Démocrates Handicapés, les réactions étaient partagées :
Qui a le droit de s'occuper ainsi de la sexualité d'autrui ?
Mais aussi a-t-on le droit de laisser des personnes souffrir d’être privé d’accès à la sexualité ?
René Paul LACHAL, tétraplégique et directeur de recherches au CNRS explique : (extrait) parce que la sexualité des porteurs de handicap est "trop souvent passée sous silence. C'est une dimension de notre vie occultée, niée". Et de diagnostiquer un "syndrome général de Peter Pan". "Le personnage de Walt Disney refuse de grandir. Nous, on voudrait nous empêcher de vieillir, nous traiter en enfants, c'est-à-dire en êtres asexués."L'explication est rondement amenée : "Le corps handicapé répugne, car il préfigure la décrépitude finale de l'enveloppe charnelle." La sexualité des handicapés sort difficilement de la clandestinité. (Extrait de l’interview de Mathilde MATTIEU)
Le Collectif des Démocrates Handicapés ne prétend pas apporter une réponse claire et précise sur les moyens d’y parvenir, mais nous savons que c’est un sujet tabou est trop souvent laissé de côté, qui doit être abordé.
Propositions :
Dans nos propositions ci-après, il ne s’agit pas mélanger les rôles des uns et des autres (notamment médecins, psy, sexologues, soignants, auxiliaires de vie, prostitué(e)s ) mais tout d'abord, d'entamer une réflexion visant à faire percevoir la personne handicapée comme personne sexuée ayant naturellement des besoins tant affectifs que physiques.
1. Les Personnes handicapées lourdes ou mentales peuvent avoir besoin d’une aide temporaire ou non, avec ou sans implication. Cela présuppose une sensibilisation de toutes les personnes valides potentiellement concernées et le respect scrupuleux de la liberté de chacun.
2. Nous sommes conscients de vivre en France dans un Etat de droit et ce sujet (traité ci-après), pour être traité sérieusement, doit faire l’objet d’une étude préalable de "faisabilité" juridique d’un service d’assistance à la sexualité. On ne peut pas préjuger des résultats de cette étude et il n'est pas impossible que l'on aboutisse à une impossibilité, mais sans le faire comment le savoir ? Le sujet de l’étude pourrait notamment viser à autoriser des bénévoles (comme cela se fait au Danemark) à intervenir à domicile ou dans les établissements d'accueil pour offrir ce type de réconfort tout en mettant en place des règles déontologiques claires et en sélectionnant du personnel formé à ces pratiques ou création d’associations spécialisées accréditées par les pouvoirs publics apportant conseil et assistance à domicile en termes de sexualité (éducation sexuelle - considérée non seulement sur le plan de la contraception et de la prévention des maladies sexuellement transmissibles mais également en termes d’éducation sentimentale, c’est à dire apprendre et comprendre les bonheurs et les aléas d’une relation amoureuse - et sexothérapie)
3. Développer le nombre de sexologues spécialisés dans l’approche des handicaps.
4. Organiser l’information sur la sexualité
La sexualité en établissement.
Constat :
Les personnes handicapées en établissement ont longtemps été considérées comme asexuées et l’accès à la sexualité est quasi inexistant dans les établissements spécialisés les institutions ayant pendant des années préféré fermer les yeux sur leur vie sexuelle (il ne s’agit pas ici de leur faire porter une part de responsabilité qui ne leur appartient pas : la sexualité est d’une manière générale encore très tabou chez nous).
Alors que l'administration pénitentiaire commence à s'intéresser à la sexualité des détenus. Il existe même dans certaines prisons des expérimentations de "parloir intime". La France tente là dessus aussi de rattraper son retard sur d'autres pays européens. Pour les Personnes handicapées c’est pire : rien de prévu.
Proposition :
5. L’interdiction ou la répression de l’activité sexuelle choisie ne doit pas être toléré dans les établissements accueillant des personnes handicapées adultes.
6. Accès pour les résidents à une information adaptée sur la sexualité.
7. Le droit à l'intimité et à la sexualité doit être clairement inscrite dans les règlements intérieurs des institutions, centres d'hébergements et foyers.
8. Création d’associations (après études de faisabilité proposée ci-avant) spécialisées accréditées par les pouvoirs publics apportant conseil et assistance à domicile en termes de sexualité (éducation sexuelle - considérée non seulement sur le plan de la contraception et de la prévention des maladies sexuellement transmissibles mais également en termes d’éducation sentimentale, c’est à dire apprendre et comprendre les bonheurs et les aléas d’une relation amoureuse - et sexothérapie)
Vie familiale, affective et sexuelle : Faire tomber les préjugés
Constat :
Un préjugé social pèse historiquement sur la capacité des personnes handicapées de vivre en couple et de fonder une famille. Leur sexualité est encore un tabou. Par ailleurs, la famille ne doit pas s’immiscer dans la sexualité de la Personnes handicapées, les parents doivent comme pour les enfants «ordinaires » expliquer des choses simples (expliquer par exemple au jeune adolescent pourquoi son pyjama peut être mouillé) mais cela ne doit pas aller au-delà car la sexualité est intime et ne peut être évoqué plus loin entre eux, l’information plus poussée doit être dispensée par « l’extérieur ».
Propositions :
9. Lancer une campagne d’information d’envergure pour faire comprendre que les personnes handicapées ne sont pas asexuées, que leur handicap n’est pas sexuel ! Qu’elles sont des partenaires à part entière dans l’amour qui comprend aussi la sexualité et que dans ce dernier domaine elles peuvent aussi donner du plaisir.
10. Création d’associations (après études de faisabilité proposée ci-avant) spécialisées accréditées par les pouvoirs publics apportant conseil et assistance à domicile en termes de sexualité (éducation sexuelle - considérée non seulement sur le plan de la contraception et de la prévention des maladies sexuellement transmissibles mais également en termes d’éducation sentimentale, c’est à dire apprendre et comprendre les bonheurs et les aléas d’une relation amoureuse - et sexothérapie)
En Grande-Bretagne,) d’une part et d’autre part en termes d’encouragement aux droits civiques (il s’agit de s’assurer que la personne, surtout atteinte de déficience mentale, est bien informée sur le plan politique, qu’elle est capable de discernement dans ses propres choix et préférences, et de l’encourager à s’inscrire sur les listes électorales).
Aux Pays-Bas, les « Stichting Alternatieve Relatiebmiddeling » (services de relations alternatives) procurent des services sexuels et affectifs spécifiques aux personnes handicapées qui sont dans l’impossibilité d’expérimenter leur sexualité sans assistance.




