Aides techniques.
Pouvoir bénéficier des supports matériels et techniques dont nous avons besoin :
Constat :
Pour ce qui est des besoins en aides matérielles : nous pouvons reprendre un constat de 1992 (toujours d’actualités) qui relevait :
· La lenteur des commissions d’attribution des appareillages (de 2 à 6 mois),
· Les délais invraisemblables pour l’attribution, la maintenance et les réparations qui contraignaient certaines personnes à mobilité réduites à un immobilisme forcé (parfois plus d’un an),
· La rigidité du circuit entre la prescription et l’attribution (toute amélioration ou innovation dans le choix des matériaux par exemple, pouvant être une clause d’exclusion du T.I.P.S.),
· L’inexplicables aberrations dans le (non)-remboursement d’aides efficaces et adaptées (les fauteuils roulants ultra-légers - donc très maniables pour l’utilisation autonome par la personne handicapée pour monter dans sa voiture par exemple – n’étant remboursés qu’aux sportifs de haut-niveau),
· Abus de pouvoir des circuits de distributions (quasi–monopole de certains centres, tarifs exorbitants pratiqués sur le matériel importé), etc…
Propositions :
1. Une mise à disposition des aides techniques autant que de besoins avec une compensation intégrale (cf chapitre consacré à la compensation).
2. Mise à disposition sur internet d’un service d’information et de consultation en aides techniques pris sur le modèle autrichien : en effet dans ce pays a été mis en place une banque de données informatisée présentant l’ensemble des aides techniques proposées tant sur le marché autrichien que sur le marché européen, à disposition des personnes handicapées. Cette base de données inclut les caractéristiques des matériels assortis de photographies et des recommandations des fabricants, les coordonnées des distributeurs, le prix recommandé par les fabricants ainsi que les prix moyens constatés chez les différents distributeurs, mais aussi les modalités d’aides financières et de subventions pour les acquérir.
Il est à noter que ce service autrichien a été mis en place au départ grâce à un financement européen - HANDYNET – dont avait aussi bénéficié la France. Malheureusement en France, les tentatives hasardeuses de commercialisation de cette base de données ont fait échoué sa diffusion auprès du public - auprès du plus grand nombre de personnes possibles - et le projet conçu il y a une dizaine d’années s’est enlisé.
3. Mise ne place de Centres d’Aides Techniques (pris sur le modèle Norvégiens) attachés au centre pour la vie autonome, institutions autonomes qui assuraient des services spécialisés auprès des particuliers, des professionnels et des établissements. Le rôle de ces centres serait double : d’une part il s’agirait de fournir toutes les aides techniques nécessaires à l’activité professionnelle des personnes handicapées, et d’autre part de « maximiser » l’usage des aides techniques dans la vie quotidienne pour la population handicapée, en assurant en particulier l’aménagement et l’adaptation des domiciles et des véhicules privés. Les Centres d’Aides Techniques achèteraient les produits directement auprès des fabriquants et devraient avoir en stock la plupart des aides techniques courantes, qu’ils mettraient à disposition de la population, sous forme de prêts à durée illimitée, en accord avec l’administration de les organismes financeurs. Les aides techniques ainsi pourvues, quelles qu’elles soient, seraient entièrement gratuites pour les personnes handicapées, à deux conditions : 1) que la déficience acquise soit de longue durée ; 2) qu’il puisse être vérifié que l’aide technique a une utilité réelle soit dans l’amélioration des fonctions de la personne soit dans la prévention de son isolement social
4. Prise en charge du surcoût pour passer le permis de conduire (il ne s’agit pas ici de financier le permis) mais seulement de prendre en charge le surcoût dû au handicap.
Aspects économiques :
Les autorités nationales financeraient 75% des dépenses courantes des Centres d’Aides Techniques et les 25 % restant seraient pourvus par la région. Le système informatique d’administration et de gestion des aides techniques serait financé à 100 % par les Départements. Les municipalités seraient responsables du financement des aides techniques d’usage à court terme, des aides techniques destinées aux enfants dans les écoles primaires et des aides techniques liées à la pratique d’activités culturelles ou de sport adapté dans les locaux dépendant de leur juridiction (modèle Norvégien).




