REVENUS

Attention, ouverture dans une nouvelle fenêtre. PDFImprimer

AddThis Social Bookmark Button

Vivre dignement :

 

Constats 

Les personnes handicapées (reconnues à 80 % et + pour la plupart) perçoivent en 2006 une allocation appeler « AAH » d’un montant de 600 €. Bienvenue au Pays de la personne handicapée : parcourons ensemble ce merveilleux voyage au bout de la galère !

 

Une personne handicapée ne pouvant travailler va donc toucher toute sa vie cette somme dérisoire…n’importe quel citoyen frémirait d’angoisse avec une telle perspective ! l’AAH est une allocation de pauvre, il faut en effet percevoir des revenus mensuels inférieurs à 610 € en 2006 pour la percevoir, Les Personnes handicapées n’ont pas pour la plupart étaient scolarisées ou peu, n’ont pas été formées, et n’ont pas accès à l’emploi, même ça ce n’est pas reconnu : rien de prévu pour qu’elles puissent gagner dignement leur vie mais pas de compensation véritable des manques cruels dont elles sont victimes.

Il y a grand lieu de penser qu'en l'absence de handicap, cette même personne aurait eu une "chance certaine" de terminer au terme de sa carrière professionnelle avec un gain au moins supérieur à 150 % du SMIC. Bien évidemment rien ne peut dire si elle aurait pu devenir milliardaire ou SDF, mais il semble probable qu'elle aurait pu avoir les chances d'avoir "un plus".

 

Le Collectif des Démocrates Handicapés a donc la volonté de compenser "le manque à gagner" en cas d'absence de carrière professionnelle en raison d’un handicap et souhaite le remplacement des termes de « Allocation Adultes Handicapés – AAH » par les termes «revenu spécifique d’existence : RSE».

 

Même s’il s’agit d’une petite avancée, avec la nouvelle loi et sa Garantie de Ressource des Personnes Handicapées (GRPH), le gouvernement veut faire croire à l’opinion publique que les 5 Millions de PHs perçoivent 80% du SMIC or les conditions contraignantes pour avoir cette « garantie de ressources » en écartent la majeure partie et ce seront  moins de 160000 personnes (3%) : celles qui percevaient le Complément d’AAH qui peut-être la toucheront !

 

Il est tout de même paradoxal de faire une loi pour l’égalité des droits et des chances des personnes handicapées en accordant, à ceux qui sont reconnus inaptes à travailler, seulement 80% du SMIC ! Egaux, oui mais à 80% comme aurait dit Coluche !

Nous n’oublions pas le Parti Socialiste, qui depuis qu’il est dans l’opposition revendique une AAH à 100% du SMIC …qu’il ne nous donnait pas quand il le pouvait !

 

Pour les 610 000 autres allocataires, l’AAH ne bouge pas et continue de baisser par rapport au SMIC - Il y a 25 ans, l’allocation représentait les 2/3 du SMIC, aujourd'hui c’est moins de la moitié ! 

Rien n’a changé non plus pour les personnes vivant en couple pour lesquels les revenus du conjoint sont pris en compte réduisant ou supprimant ainsi l’AAH, en un mot rendant les Personnes handicapées totalement dépendants de leur conjoint !

 

L’AAH est une allocation de pauvre…et non un revenu destiné à compenser le handicap.

 

Demain vous qui aujourd’hui gagnez normalement votre vie, accepteriez vous de voir votre revenu ramené à moins de 600 € par mois à vie, parce qu’un accident de la vie est venu changer toute la donne de votre vie ?

 

Propositions

1.        Instaurer un Revenu spécifique d’existence (RSE) garantissant à toute personne handicapée reconnue inapte à travailler en milieu ordinaire ou protégé équivalent à 120% du SMIC, les 20 % complémentaires au SMIC étant justifié par l’inadaptation de l’environnement occasionnant davantage de frais pour les Personnes handicapées (frais en transports, logements à adapter, embauches d'auxiliaire de vie, services, commerces, etc. sauf s’ils sont pris en charge au titre du droit à compensation)

2.        Etendre ce RSE aux autres personnes handicapées reconnues aptes à travailler, un revenu spécifique d’existence à 100% du SMIC, justifiée par le fait que pour les Personnes handicapées, il existe une discrimination à l’embauche (cf rapport de l’Observatoire des discriminations). Doivent aussi être concernés par cette mesure les bénéficiaires de la pension d’invalidité et les travailleurs handicapés en milieu protégé dont les revenus ne doivent être inférieurs au SMIC

3.        Appliquer un système équivalent à la prime d'ancienneté dans le cadre d'une activité salariale. Et donc ajouter 1 point de plus chaque année au 120 % du RSE. Le système pourrait être fort simple : A 20 ans, 120 % du SMIC ; A 21 ans, 121 %, 35 ans, 135 %du SMIC... A 60 ans ; 160 % du SMIC. Et au delà, maintien de ce taux de 160 % du SMIC. La personne reçoit jusqu’à son départ certes 160 % du SMIC, retraite certes non négligeable mais compensant l’absence d’une autre évolution plus positive due au handicap. L’APA intervenant en sus pour la compensation du handicap.

4.        Le travailleur handicapé en établissement spécialisé ne peut percevoir moins que le RSE.

5.        L’attribution du RSE (ex AAH) entraîne le droit automatique à la couverture de l’assurance sociale maladie et d’une mutuelle complémentaire.

6.        Exclusion de la prise en compte des revenus du conjoint pour l’obtention du RSE (ex AAH)

7.        Cumul possible des revenus avec le RSE (ex AAH) dans la limite de 200% du SMIC.

8.        Indexation du RSE (ex AAH) sur le SMIC.

9.        Le versement du RSE ne dépend plus de la CAF  mais de la sécurité sociale et son financement est assuré pour 50% par une quote-part de chaque budget ministériel et pour 50% par des cotisations patronales (cette mesure permettra notamment à la sécurité sociale comparer le prix de journée en institution au prix de l'autonomie à domicile de la personne handicapée et incitera les entreprises publics ou privés à embaucher des travailleurs handicapés).

10.    Aucune réduction ou suppression du RSE en cas hospitalisation (suspendue avant la Loi de 2005 qui prévoit quand même la réduction).

11.    La personne handicapée hébergée en établissement spécialisé ne peut voir son revenu « laissé pour vivre » descendre en dessous de 500 euros par mois.

 

 

Aspects économiques :       

Ces mesures permettraient à chacun d’avoir des ressources pour vivre dignement en sachant que l’argent des personnes handicapées est directement réinvesti dans l’économie de notre pays (matériel, emploi d’auxiliaire de vie, participation sociale, etc.), ce ne sont que des « vases communicants » et offriraient à notre société la richesse de pouvoir vivre ensemble.

 

 

 

600 € par mois pour vivre, c’est le sort réservé aux Personnes handicapées à vie !

 

Au début des années 80 l’allocation pour adulte handicapée représentant 64% du SMIC, elle ne représente plus que 48% du SMIC en 2006, c’est la paupérisation annoncée pour toutes les Personnes handicapées.

 

 

Share |