Le principe de précaution
Personne ne nie plus les conséquences désastreuses que la détérioration de notre environnement peut avoir sur notre santé. La naissance d'enfants porteurs de handicap en est souvent, aussi, une des conséquences.
Deux « problèmes », deux analyses, parmi tant d'autres : sur le bisphénol A ou sur la prématurité
-1) L'interdiction générale des plastiques contenant du bisphénol A, qui semble programmée, en est un exemple. Beaucoup de bruit a été fait sur l'interdiction des biberons contenant du bisphénol A dans leur composition, moins sur la même interdiction qui devrait toucher un grand nombre de récipients et d'ustensiles ménagers. (lire ici)
Toutefois, le bisphénol A, a bien été identifié tout d'abord comme un perturbateur endocrinien : modification des fonctions testiculaires, le développement cérébral, de la glande mammaire et de la fonction ovarienne.
Maintenant, il lui est reproché aussi d'entraîner une inflammation des parois digestives, une modification de la perméabilité des parois du côlon ainsi qu'une augmentation de la sensibilité à la douleur (lire ici)
-2) Les autorités sanitaires et politiques acceptent enfin d'admettre qu'en intervenant sur l'environnement et les conditions de vie on peut éviter bon nombre de handicaps ou maladies qui apparaissent souvent avant ou dés la naissance. Ainsi une étude épidémiologique sur les petits âges gestationnels (Etude EPIPAGE : voir ici ) a conclu à une tendance à l'augmentation de la prématurité et de la grande prématurité.
La grande prématurité est définie par une naissance avant 33 semaines d'âge gestationnel ce qui correspond à une naissance avant la fin du 7ème mois de grossesse. Près de 7000 enfants naissent grands prématurés chaque année en France. La grande prématurité se situait à 1.3% des naissances en 1995 et 1.5% en 1998. Dans les pays européens, de 1,1% à 1,6% des enfants nés vivants sont des grands prématurés, c'est-à-dire nés avant la fin du 7ème mois de grossesse ou avant 33 semaines de grossesse révolues.
Les scientifiques s'interrogent, bien sûr, sur les causes de l'augmentation de la prématurité et de la grande prématurité à la naissance (voir ici). Ainsi, divers facteurs expliquent une légère augmentation de leur nombre au fil des ans : plus de grossesses multiples et de traitements de l'infertilité, des maternités plus tardives, mais aussi des progrès réalisés dans la prise en charge médicale de ces enfants.
Les conséquences sont importantes. Au total, presque 40% de ces anciens grands prématurés présentent une déficience motrice, sensorielle ou cognitive. Les taux de déficience sévère, modérée et légère s'élevant respectivement à 5%, 9% et 25%. 9% de ces anciens grands prématurés présentent une paralysie cérébrale (Infirmité motrice cérébrale se traduisant par des troubles moteurs). Un tiers de ces enfants ne marchent pas ou marchent seulement avec une aide.
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Auteur : Jean-Louis Fontaine




