Les droits des personnes handicapées contrôlés uniquement par le financeur ?

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Quatre ans à l'Elysée : Nicolas Sarkozy semble être déjà très usé par la pratique du pouvoir.

Concernant le handicap, qui n'est pas et n'a jamais été, une de ses priorités, la Conférence nationale du 10 juin 2008 avait laissé apparaître la volonté de vraiment prioriser l'accès, ou le retour, à l'emploi. Depuis, le chômage s'est encore aggravé chez les travailleurs handicapés, et l'accès aux formations leur est toujours aussi difficile.

Chacun sait que l'allocation adulte handicapé (AAH) est une des pièces maîtresses du plan personnalisé de compensation du handicap établi pour une personne handicapée. Elle permet à beaucoup, sans emploi, de pouvoir « survivre ». Insuffisante, elle y est. Pourquoi donc vouloir en limiter encore plus l'attribution ? C'est pourtant la volonté du gouvernement. A tel point que les associations « accusent l'Etat de porter atteinte aux droits des personnes handicapées » (lire ici dans gazette-sante-social )

Encore une fois, c'est sous forme de décret que le gouvernement veut agir afin de modifier les conditions d'attribution de l'AAH. Ainsi il faudrait une majorité des 4/5ème au sein des commissions des droits et de l'autonomie pour se voir attribuer l'AAH, sachant que l'Etat y a une minorité de blocage : cela revient à faire en sorte que ce soit l'Etat, et lui seul, qui décide de l'attribution ou non de l'AAH. Cela est tout à fait contraire à l'esprit même de la loi du 11 février 2005.

Cela revient à ne plus prendre en considération que les données financières pour définir la politique du handicap qui va être menée. Une fois encore l'éthique et les principes qui définissent la compensation du handicap sont jetés aux oubliettes.

Les associations précisent dans un communiqué commun : « ...Il ne revient pas à l'Etat de reconnaître le droit mais de permettre de l'appliquer ». Et d'ajouter : «Si l'évolution actuelle de l'AAH et l'augmentation du nombre de bénéficiaires est réelle, elle n'est que la conséquence d'une politique du handicap saluée par tous que le gouvernement tente d'abandonner au détour d'un décret relatif à la restriction substantielle et durable d'accès à l'emploi».

 

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Auteur : Jean-Louis Fontaine

 

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